vendredi 30 septembre 2016

A propos du « vrai » coût du travail en France


Puisque les médias, les hommes et femmes politiques, les salariés, les employeurs, les demandeurs d’emploi – bref, tout le monde - en parle, parlons-on !

Dernièrement, le coup de gueule d’un chef d’entreprise bourguignon souhaitant dénoncer le coût du travail en France a provoqué, de par ses erreurs de calcul, un buzz médiatique (lire l’article sur LeMonde.fr : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/08/31/les-mauvais-calculs-d-un-chef-d-entreprise-sur-le-cout-du-travail_4990252_4355770.html.)

Si la question du coût du travail soulève régulièrement des réactions et commentaires divergents, il faut reconnaître la difficulté à déterminer une valeur repère. Pour calculer le coût du travail, de nombreux paramètres entrent en effet en considération : le secteur d’activité et le statut de l’entreprise, le nombre de salariés, le temps de travail du futur collaborateur, les charges salariales et patronales, les éventuelles déductions fiscales et sociales, sans parler des charges indirectes liées au recrutement du salarié et à la bonne conduction de sa mission.

Petit rappel... 

 Qu’est-ce que le coût du travail ? 


C'est l'ensemble des dépenses de l'entreprise liées à l'utilisation de la main d'oeuvre. Le coût du travail comprend donc les charges directes, les salaires bruts versés aux salariés (sur lesquels sont imputées les cotisations sociales versées par l'employeur aux organismes référents) auxquels s’ajoutent les charges patronales, et les charges indirectes.

Un calcul fondamental pour la création d’emploi 

Pour une entreprise, a fortiori TPE ou PME, ouvrir un poste et embaucher un nouveau salarié est à la fois un pari et un engagement sur l’avenir... Et le coût du travail pèse lourd dans la balance au moment de la décision.

Une enquête publiée en mars 2016 par Meteojob et Companeo, sur l’emploi dans les TPE et PME conclut en effet à « une grande responsabilité du coût du travail dans le phénomène de sous-effectif chronique qui concerne les entreprises françaises ». Alors que 64,2% des chefs d’entreprises interrogés indiquaient de ne pas avoir l’intention d’embaucher cette année, 66,2% d’entre eux ont cité le coût du travail comme frein principal dans leurs recrutements.

 Comprendre le calcul du coût du travail

Les charges directes : le salaire brut et les charges patronales (ou le salaire net + les charges salariales + les charges patronales).

1. Les charges salariales représentent en moyenne 22% du salaire brut. Il s’agit notamment de :
- la Contribution sociale généralisée,
- la Contribution pour le remboursement de la dette sociale,
- l’Assurance vieillesse,
- la cotisation chômage,
- les cotisations pour la retraite complémentaire.

2. Les charges patronales représentant quant à elles, en moyenne, 42% du salaire brut. Il s’agit notamment de :
- l’assurance maladie,
- la contribution solidarité autonomie,
- les allocations familiales,
- la cotisation chômage,
- la retraite complémentaire,
- les formations professionnelles.

Les charges indirectes : les moyens financiers nécessaires au travail du salarié.

Bien que non imputables directement, les charges indirectes doivent en effet être prises en considération dans le calcul du coût du travail. Il s’agit notamment de :
- le coût du recrutement,
- le temps passé à la formation du nouveau collaborateur,
- les frais liés à son espace de travail,
- l’équipement nécessaire à sa mission.

Les déductions fiscales et sociales :
Pour aider les entreprises à réduire le coût du travail, l’Etat a mis en place différents dispositifs tels que :
- la réduction Fillon, pour les CDI ou CDD temporaire dont le salaire ne dépasse pas 1,6 fois le SMIC,
- le Contrat unique d’insertion (CUI), pour l’embauche d’une personne rencontrant des difficultés d’accès à l’emploi,
- le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), pour les salaires inférieurs à 2,5 fois le SMIC.

Pour chaque dépense inhérente au coût du travail, votre expert-comptable peut vous aider à anticiper, anticiper et prévenir, à calculer, à planifier vos dépenses, et enfin à communiquer auprès de vos collaborateurs. N'hésitez pas à lui soumettre vos projets afin qu'il puisse vous éclairer.



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